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vendredi 13 juin 2014

Bilan et point final.

Dans quelques semaines, je passerai une dernière fois le seuil du centre médical, et puis nous dirons au revoir aux amis et à la famille, nous fermerons la maison, et nous nous envolerons en famille pour aller vivre à l'étranger. Le début d'une nouvelle vie qui ne me laissera sans doute pas le loisir de continuer mes divagations "blogesques". Qui plus est, ce ne sera plus en montagne.
Il me parait donc nécessaire de mettre un point final à ce blog et de tirer le bilan de l'expérience.
Un dernier billet en forme d'adieu.


Le premier billet de ce blog date du printemps 2011.
3 ans donc, que j'ai commencé à m'exprimer publiquement sur mon métier, mon ressenti. 2 ans d'activité plus ou moins régulière suivies d'une année en roue libre, à prendre du recul avant de prendre de lourdes décisions et de les mener à leur terme.
Au départ, je voulais témoigner d'une pratique un peu différente de la médecine générale : La médecine de montagne, dont je pensais qu'elle valait le coup d'être promue et qu'elle pouvait susciter des vocations. Je reste convaincu que la médecine générale n'a pas vocation à être cantonnée aux renouvellements d'ordonnances et à un exercice de triage des maladies quotidiennes.
Je continue de croire, peut-être tout seul dans mon coin, ou presque, qu'on ne fait pas 8 ou 9 ans d'études pour juste renouveler une ordonnance d'antihypertenseurs ou d'antidiabétiques, pour se limiter à simplement examiner des nez qui coulent et des gorges qui grattent.
Même si à l'évidence, cette surveillance des patients atteints de pathologies chroniques et cette bobologie courante constituent une partie extrêmement importante de la pratique de la médecine générale, l'exercice au 21ème siècle doit, à mon avis inclure la possibilité de faire immédiatement une radio, une échographie de débrouillage, un examen de laboratoire, un ECG, une spirométrie... etc. Faire du diagnostic,quoi. De la médecine de haut vol.
7 ans de pratique militante de ce type de médecine m'ont largement convaincu que la qualité des soins était largement au rendez-vous. Je ne suis pas un phœnix. Mes connaissances étaient probablement moins bonnes à mes débuts, que celles de mes jeunes internes stagiaires actuels. Il n'y a pas de raison de croire que la majorité des médecins généralistes ne soient pas capables de faire des ECG des spirométries ou de lire des radios, de faire des infiltrations, ou de maîtriser l'échographie...

A ce jour, je n'ai pas été traîné au tribunal et j'ai la faiblesse de croire que j'ai rendu d'authentiques services à plus de gens que je n'en ai lésé.
De plus, c'est la médecine générale qui se pratique dans de nombreux pays développés ou moins développés. La Suisse, les états unis avec les family doctors, l'Allemagne, l'Australie, pour n'en citer que quelques uns.
Cela fait de la MG un exercice encore plus passionnant, que des médecins peuvent être fiers de pratiquer.
Cela lui donne une vraie place, tellement plus consistante que les pauvres résolutions légales forçant les patients à passer par mon cabinet pour pouvoir aller voir un spécialiste (comprendre, un vrai médecin).
Enfin, à une époque ou les dépenses de santé sont un enjeu du futur, cela coûte infiniment moins cher qu'une médecine hospitalo-centrée telle qu'elle continue de se mettre en place en France.

C'était cela que j'aimais dans la médecine de montagne : la polyvalence, la rapidité, la technicité, une vision globale des personnes, un service de haute qualité, disponible à la porte de chez vous.
Je me sentais utile, et je continuais d'améliorer ma pratique et le service médical fourni.

Mais force est de constater que ce qui se voulait être un témoignage sur une pratique intéressante de la MG, est vite devenu un plaidoyer, une catharsis. Là où je voulais apporter un témoignage positif, j'ai vite dérivé vers une critique en règle de ce qui, à mon humble avis empêche cette pratique telle que je la conçois.
Il n'est que de parcourir mes précédents billets pour comprendre les raisons de ma colère. Je me suis retrouvé devant une équation impossible à résoudre.

Si elle fait économiser du temps et constitue très probablement un avantage pour le patient et pour la société,en termes de dépense de santé, cette pratique est chronophage pour le médecin et les actes sont bien trop peu payés par l'assurance maladie.

 Ce sont des milliers d'euro de charge en plus, non compensés par le prix des actes, non revalorisés depuis des dizaines d'années. (les actes d'échographie ont même été diminués par deux fois en 6 mois  !!!)
A tel point que je me suis finalement retrouvé à un rendement horaire à 1,8 fois le SMIC. (un peu plus en hiver, un peu moins en intersaison)
Ce que j'ai compensé en travaillant plus, comme la plupart des médecins, jusqu'à 55 h par semaine en moyenne sur l'année.
J'ai diversifié l'activité, toujours dans le respect des patients.
J'ai fait moi-même un certain nombre de tâches non médicales, rogné sur les consommables, usé jusqu'à la corde le matériel avant de le remplacer.
J'ai diminué le temps de vacance jusqu'à 2 semaines par an.
J'ai multiplié les weekends de travail jusqu'à 20 dans l'année (de toutes manière, je n'avais pas vraiment le choix)
J'ai pris un travail salarié à temps partiel à coté de l'activité libérale, ce qui a encore augmenté les weekends d'astreinte.
Malgré cela, les fins d'années sont devenues de plus en plus compliquées à gérer. L'hiver nous laisse une petite galette que l'on consomme au fur et à mesure que l'année avance et que les mois ne sont pas glorieux.

On peut certes, se dire que l'on est dans la m...au même titre que la plupart des français qui peinent à boucler leur budget, mais lorsque le manque de moyen commence à peser sur la qualité des soins produite, lorsque, quelque soit les hypothèses de développement du système sanitaire, l'avenir parait sans issu, le sentiment intime de faillite personnelle est difficile à éviter. On doit se rendre à l'évidence : Cette pratique de la médecine générale telle que j'ai cru pouvoir la développer, est vouée à l'échec dans les conditions actuelles.
Ou plus exactement et plus honnêtement : moi-même, je n'y suis pas arrivé. Ce qui ne signifie peut-être pas que d'autres n'y arriveront pas...

Plus encore que l'indigence du niveau des honoraires médicaux et les difficultés financières afférentes, les insultes, le mépris, la haine que les décideurs, les caisses, la presse, les administrations développent à l'égard du médecin libéral que je suis ont finis de saper ma motivation.

A l'aube de la cinquantaine, il n'était de toutes manières plus possible de poursuivre dans une telle précarité. Il y avait bien l'arrivée "prochaine" dans 1 ou 2 ans (?) de la future MSP multisite de Troufignan qui aurait pu constituer une bouffée d'oxygène, mais ses financements sont tellement aléatoires et le travail de paperasse tellement rédhibitoire que je préfère ne pas me commettre dans cette nouvelle galère. Et puis, en toute objectivité, mon libéralisme philosophique n'aurait pas été soluble dans l'exercice protocolé d'une Maison de Santé Pluriprofessionnelle contrôlée par une Agence Régionale de Santé.
Peut-être vaut-il mieux laisser la place à de jeunes médecins pas encore désabusés.
Si ce projet shadok à quelque chance de succès, ce ne sera sans doutes pas avec quelqu'un comme moi à son bord.

 
Les principes fondateurs d'une MSP
   
Peut-être est-il préférable de ne plus chercher à faire valoir un modèle que le pays ne souhaite pas, même si l'on est persuadé de sa validité. On n'a pas raison contre la majorité.

Le bilan était fait. Restait à prendre des dispositions pratiques pour survivre.
Après tout, c'est bien connu, deux intellectuels assis vont moins loin qu'une brute qui marche.
Et il y avait plusieurs possibilités :
-  Attendre la retraite en faisant profil bas ? Euh, comment te dire... à 49 ans... ça va être long... et pénible !
-  Reprendre un travail salarié dans une clinique ? Non, déjà fait. Je veux de la nouveauté et surtout, je ne veux plus avoir à me coltiner avec ces soi-disant démarches qualité, essentiellement élaborées pour réduire le corps médical.
- Prendre un travail de médecin coordonnateur en EHPAD ou autre ? Non. Je ferai de la gériatrie quand je serai vraiment vieux.
- Aller visser une plaque en ville ? Pas de garde, ou si peu. Pas de saison. Pas (trop) de difficulté à reconstituer une patientèle. Pourquoi pas.
Seulement voilà. Cela me fait un peu peur. Je me suis habitué au confort de la technique. Contrairement à ce que l'on peut penser, je trouve plus difficile de manager un patient sans la technique. Serais-je toujours capable de travailler sans écho, sans radio...?
Ne vais-je pas pester de devoir renoncer aux outils modernes ?
Ne vais-je pas m'ennuyer ou au contraire, ne plus savoir réagir correctement ?
Peut-on demander à un bûcheron, d'abandonner la tronçonneuse pour revenir à la scie égoïne ?

- Il restait d'autres alternatives, dont partir en expatriation.
Il existe dans d'autres pays, des centres médicaux produisant un service de premier recours médical large, fonctionnant avec des MG polyvalents.
Après avoir un peu cherché, nous avons déniché dans un pays lointain, un poste de travail dans une clinique de médecine générale, bien équipée. Cela avait l'avantage de concilier le dépaysement d'un pays exotique, l'intérêt d'une pratique médicale polyvalente avec un peu d'urgence et la poursuite des activités paracliniques radio et échographique.
Qui plus est, le poste de travail envisagé, salarié, proposait de compenser les astreintes obligatoires par d'avantage de jours de congé.
Finalement, l'honneur était sauf. Je ne désertais pas totalement mon métier. Je désertais plutôt mon pays, mais ça... c'est une autre histoire.
C'est donc finalement l'option que nous avons choisie.
Ce fut long et difficile, mais j'ai finalement obtenu le poste. Il me reste encore à faire mes preuves sur place, dans quelques semaines... encore des challenges en perspective.

Maintenant je peux me retourner sur ces 7 ans de carrière avec des sentiments mitigés.
Un peu comme les anciens combattants de mon enfance nous relataient Verdun et le chemin des dames, je crois que vais adorer raconter à mes futurs petits enfants (?) que j'ai fait partie des derniers médecins de montagne. J'aime bien l'idée d'avoir résisté autant que possible comme un Davy Crockett, à la bataille d'Alamo, (sauf que je me suis sauvé avant la reddition du fort ;-)
Vous trouvez que j'exagère ? que c'est puéril ?
Certainement ! mais je m'en fous !  Le cave se rebiffe, que veux-tu !

Cette scène n'est même pas extraite de "le cave se rebiffe" mais de "les Barbouzes", mais elle sert bien l'idée...
Lorsque je vois l'évolution du système de santé français, je suis extrêmement inquiet. Si les médecins sont de grande qualité, la qualité du service rendu va nécessairement s'effondrer, du moins dans les soins de premier recours. Cette course à la restructuration de l'offre de soin, menée par les politiques de tous bords au nom de principes idéologiques a déjà quasiment détruit le tissus sanitaire, et dans les conditions actuelles, je ne vois rien remplacer les médecins généralistes que nous avons tous connus, du moins dans les 15 à 20 années qui viennent.
Le plus douloureux pour moi, est  sans doute l'impression que la population agrée ces choix catastrophiques.
Nous boirons donc le calice jusqu'à la lie !

C'est donc avec une pointe d'amertume que je quitte la France. L'impression frustrante d'être devenu un étranger dans mon propre pays que je ne comprends plus, et où j'ai le sentiment de n'avoir plus ma place.
C'est un sentiment négatif que je vais travailler à transformer le plus rapidement possible.
Après tout, il y a beaucoup de raisons positives de partir :
- Le voyage par exemple ! j'adore les voyages. Rien ne m'excite plus que les aéroports, les trains, les gares routières, les villes étrangères ...
- Le renouveau de la pratique. La découverte de pathologies inconnues ou de nouvelles manières d'appréhender la santé, des opportunités de développement professionnel...
- La rencontre de nouvelles personnes, d'une langue étrangère (étrange ?), d'un nouveau pays, au delà des à priori...
- Le challenge d'un nouveau poste de travail où je vais devoir faire mes preuves !
Quid de ma pratique de MG français face à des MG d'autres nationalités ? Serai-je un cador ou un tocard ? Vais-je assurer en anglais médical ? Vais-je m'intégrer correctement dans le fonctionnement de l' équipe de la clinique ?
- Un nouveau logis à aménager, un nouvel environnement à maîtriser...
- de nouvelles dispositions pour la famille : changement de travail - écoles internationales...

Autant de défi à relever qui vont bien nous occuper les mois qui viennent, et tout un tas de raisons de regarder vers l'avenir plutôt que de ressasser le passé. Après tout, ce furent 7 années très difficiles, certes, mais riches d'enseignement et de rencontres. Finalement je ne regrette pas les efforts que notre famille a produit ici. Nous sommes restés soudés et c'est ensemble que nous partons vers d'autres aventures.

Et puis après tout, je me referrais bien un p'tit blog "voyage" dans les mois qui viennent... ;-)

Il me reste à dire merci à mes visiteurs réguliers et occasionnels, même et surtout à ceux qui sont venus ici porter la contradiction. Bonne chance dans tous vos projets.
Merci aux correspondants blogueurs et twitteurs, au bon docteur Zigmund, notre ophtalmo préféré pour sa prévenance et son assiduité, à Marc qui se reconnaitra, à Fluorette, a @Drlaeti, à docteurdu16 (qu'il continue à vitupérer !) , à Dominique Dupagne, à M.L., à christian Lehmann, à Borée, à sophieSF et à plein d'autres que je ne citerai pas ici faute de les avoir en tête actuellement.

Et bon vent à tous.

"La meilleure façon de prédire l'avenir, c'est de le créer"
Peter Drucker

47 commentaires:

  1. Malgré quelques nuances dans l'analyse, nous avons bien des points communs et cette étape de ton parcours me rappelle grandement celle que j'ai connue il y a un an.
    Bons vents à toi et à ta famille, qu'ils vous portent vers de stimulants rivages. Et peut-être qu'un jour ils vous conduiront sur le chemin du retour. De toute façon, l'essentiel, c'est la route.

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    1. Bonne continuation à toi aussi. Et quant à tes réserves, si se sont comme je le pense les mêmes réserves que Gelule et Christian Lehmann, j'y réponds plus bas.
      Bonne route.

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  2. Cher GenouDesAlpages,
    Je te vois partir bien tristement, mais je te souhaite le meilleur, je VOUS souhaite le meilleur à toi et ta famille. Tu as tenté de développer l'exercice de la MG qui paraissait le plus adapté à cet environnement de montagne, tu as du te battre contre l'absurdité des ARS (l'histoire de votre maison de santé...). Pour un jeune MG comme moi, ton blog montre le travail fait avec passion, qu'on sent dans chacune de tes lignes, et je suis sûre que quel que soit ton lieu d'expatriation, cette passion sera là, et j'espère que cette fois tu pourras faire le travail que tu souhaites de façon viable et sans t'y tuer.
    Comme je l'ai dit sur Twitter, j'ai grincé des dents au 2e paragraphe, pour deux raisons. 1) Non, effectivement on ne fait pas 8-9 ans d'études pour renouveler des ordos et regarder des gorges qui grattent, et ça tombe bien, la MG ce n'est pas que ça, même hors d'un contexte de montagne, et même sans appareil d'échographie. Quant aux "renouvellements d'ordos", c'est à chaque fois une réévaluation de la pertinence des traitements chroniques, discuter observance/effets secondaires avec le patient, ce qui me semble un exercice plutôt intéressant. 2) Sans écho/labo/radios sur place, ce n'est pas de la "médecine de haut vol"? Par choix, je ne pense pas m'équiper beaucoup plus que ECG + petits gestes (genre sutures). Je n'avais pas plus pendant mes remplacements en zone blanche, et pourtant j'ai eu l'impression de faire du diagnostic, clinique... Pour moi l'un des gros intérêts de la MG c'est justement qu'on doit être de bons cliniciens. Et ça pour moi c'est aussi de la médecine « de haut vol ». Et puis bon, en plaine il y a peu d'intérêt à avoir un labo ou une radio sur place.
    Il y a plusieurs façons d'envisager la pratique de la MG. Une pratique avec peu de matériel peut-être tout aussi intéressante et riche qu'une pratique telle que la tienne :) Tu as le mérite de montrer une image de la MG qui sort des sentiers battus, qu'on peut s'équiper avec plus qu'un appareil à ECG, c'est très chouette, mais pratiquer sans gros équipement c'est possible aussi, c'est différent mais c'est tout aussi intéressant.
    De plus les family docs aux Etats-Unis ne sont pas forcément hyper-polyvalents, ça dépend aussi de leur lieu d'exercice. Il est certain qu'au fin fond du Vermont, savoir faire des écho/des plâtres/de la réa de base est un pré-requis. Dans le centre de Boston, pas sûr ;)
    Ton blog est passionnant en cela qu'il montre une pratique particulière de la MG, avec sa richesse mais aussi ses difficultés (surtout administratives...), et je rejoins donc le propos de Dzb17 sur Twitter : s'il te plaît laisse-le nous en ligne !
    Je te souhaite encore une fois plein de belles choses pour la suite, et de t'épanouir sous d'autres latitudes, tant professionnellement que personnellement ! Merci pour tout ce que tu as partagé par écrit ici.
    Bien à toi
    Christine (@GéluleMD), un bébé généraliste

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    1. Bonjour gelule (et Christian)

      Je pensais bien que ce paragraphe allait faire grincer quelques dents. D'ailleurs, je ne sais pas faire un billet qui ne soit pas polémique. C'est plus fort que moi.
      Oui, nous sommes d'accord, la MG, ce n'est pas que du "caca-mou" et du nez-qui-coule" et je suis intimement persuadé que même sans technique, nombre de généralistes font une médecine que l'on peut qualifier de médecine haut vol.
      Il y a un aspect intellectuel spécifique à la consultation de Médecine Générale, une synthèse irremplaçable, une prise en compte des facettes psychologiques, culturelles, environnementales du patient et une vision globale du patient qui font d'un bon généraliste, un acteur irremplaçable du parcours santé des patients.
      Et bien sûr, un patient n'a pas chez moi, de consultation de renouvellement de traitement sans interrogatoire, examen complet et réévaluation du rapport efficacité/tolérance.
      On peut aussi développer des techniques purement cliniques comme les entretiens motivationnels, les TCC ou l'hypnose qui font de notre médecine une pratique spécifique éminemment intéressante, extrêmement utile et pourvoyeuse d'économie de santé (mais ce n'est pas le sujet).

      Cela dit, je reste persuadé que les généralistes auraient beaucoup à gagner à s'approprier un peu plus la technique, même en ville, et cela pour plusieurs raisons :

      - d'abord, et même en ville, cela amène énormément au patient et au médecin.
      Cela évite au patient un certain nombre (pas tous) d' allers et retours par le centre de radiologie, le cabinet du spécialiste, l'hopital... retards, délais et complications qui seront à l'origine de la non réalisation d'examens pourtant indispensables ou de pertes de temps délétères. C'est un gain de temps majeur pour le patient et c'est extrêmement intéressant pour le médecin, sans supprimer la clinique.
      Pourquoi s'arrêter à l'auscultation pulmonaire (avec le vieux stéthoscope de Laennec) et à la percussion thoracique quand on peut enrichir la réflexion diagnostique avec une spirométrie, une SpO2, une écho pleurale, une radio pulmonaire.
      Pourquoi se limiter à dire : « le cœur est irrégulier, j'envoie à l'hopital ou chez mon cardio préféré car il pourrait avoir une AC/FA » ? Un ECG te confirme l'AC/FA et te permet de débuter les anticoagulants ... Ton patient évite de perdre une journée et ira faire sa consultation cardio déjà cadré.
      Pourquoi envoyer systématiquement une douleur abdominale à l'hopital ?
      Un « doctor's test » de CRP, un coup d'écho abdo et une SURVEILLANCE ATTENTIVE, te permettent de temporiser et bien souvent d'éviter le scan abdominal, parfois excessif, demandé aux urgences.
      Emparons nous des outils du 21ème siècle, bordel ! Nous avons tout à y gagner et nos patients aussi.

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    2. la deuxième raison qui me pousse à penser ainsi, c'est le déficit d'image dont patit la médecine générale.
      Dans l'esprit des patients, le généraliste est un sous médecin, juste bon à remplir les papiers et à faire les « lettres-pour-aller-voir-le spécialiste-et-être-bien-remboursé ».
      Combien de fois je trouve des petits mots sur mon bureau disant « Mme X. n'a pas le temps de passer. Lui faire STP une ordonnance de renouvellement pour 3 mois merci ! » Bien sûr je prends mon baton de pellerin et mon téléphone, et je ré-ré-ré-ré-explique qu'un renouvellement est une consultation médicale avec examen complet, réévaluation... Mais le simple fait de demander cela montre bien l'image qu'a de nous une part importante de la population.
      Même dans l'esprit des fonctionnaires des ARS, le généraliste ne sert pas vraiment à grand chose. C'est un officier de santé interchangeable, éventuellement utile au dépistage et qui doit immédiatement orienter les cas un tant soit peu sérieux vers l'hopital où on saura le prendre en charge... le généraliste fera les papiers et organisera des réunions d'information.
      On lui confiera la télémédecine à cet ignare. La bonne parole viendra d'ailleurs, de l'hopital du réseau de ceci ou de cela.
      D'ailleurs, il est tellement nul que son travail de renouvellement d'ordonnances pourra être confié à des infirmières. N'est ce pas un projet officiel de nos édiles ?
      J'ai en mémoire, les regards incrédules et carrément méfiants des membres de l'ARS à qui l'on explique que l'on fait de la radiologie et que l'on réduit des luxations...
      Cette méconnaissance, cette mésestimation m'agace au plus haut point !
      Et je pense que c'est une des raisons des honoraires de misère que la société nous octroie.
      Un peu de technique peut nous redonner une certaine place dans l'esprit de nos concitoyens également. Une image plus moderne, et surtout plus évidemment utile. Ce n'est pas négligeable.

      Bon, sur le fond, on est d'accord.
      Et je suis sûr que, comme moi, si tu commences ta carrière de clinicienne avec relativement peu de technique (tu acceptes déjà l'idée de l'ECG et des sutures) tu auras vite envie d'élargir la gamme de service que tu peux offrir à tes patients. Ils en seront ravis.
      Je parie une plaquette de crunch que dans 10 ans ta pratique aura évolué vers davantage de technique. ;-)
      Amicalement

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    3. Merci pour ta réponse Genou, et euh pour les ECG et les sutures je ne les "accepte" pas, je les aime bien :) (l'ECG pour les raisons que tu évoques d'ailleurs).
      Pari tenu, mais si je gagne c'est du Côte d'or lait aux amandes ;)
      Bon vent encore, et plein de belles choses à toi.

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  3. Loubet dominique13 juin 2014 à 16:50

    Bon(s) voyage(s) ...

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  4. Se battre pour une médecine bonnement 'humaine' est devenu inhumain. Mille merci pour ces témoignages poignants, tu ne peux imaginer combien tu as marqué de vulgaires quidam comme moi, vulgaire parce que précisément j'ai choisi de NE PAS faire médecine à cause de ses à côtés pas brillants humainement. Comme modeste remerciement (à tous), voici ces vers inspirants d'Antonio Machado :

    Voyageur, le chemin
    C'est les traces de tes pas
    C'est tout; voyageur,
    il n'y a pas de chemin,
    Le chemin se fait en marchant
    Le chemin se fait en marchant
    Et quand tu regardes en arrière
    Tu vois le sentier que jamais
    Tu ne dois à nouveau fouler

    Voyageur ! Il n'y a pas de chemins
    Rien que des sillages sur la mer.

    Tout passe et tout demeure
    Mais notre affaire est de passer
    De passer en traçant
    Des chemins
    Des chemins sur la mer

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    1. "El camino se hace caminando... "
      Muy bonito
      comme dit Borée, l'important, c'est la route !
      Merci



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  5. Salut Genou,

    Je suis très intrigué, tu me diras où tu vas ? Pour le reste, tu sais ce que j'en pense....

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  6. Surtout, n'oublie pas le "parti sans laisser d'adresse" pour l'Urssaf, la Carmf, le trésor public, et autre vampires.
    Il ne faut pas se priver des petits plaisir que la vie vous donne.
    Amuse toi bien, là bas.
    HotChip

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  7. Que l'avenir t'apporte ce que tu cherches. Triste de voir ce blog se fermer. Il a été important pour moi.

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  8. Grâce à toi je fais des certificats rigolos ;)
    Bon vent!

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  9. De la part de qui tu sais, croise lors de ta "look see visit" avec la HR.

    Bravo d avoir saute le pas.
    Bon courage pour les derniers jours et dernieres demarches.
    N hesite pas a me mailer sur l adresse pro ou perso a la moindre question.
    Ici apres 2 ans nous cherchons a changer de pays surement le meme employeur , mais en aucun cas ne revenir en France.
    Quelques petits + pour ceux qui doutent :

    * Des enfants trilingues
    * Des enfants + ouvert d esprit
    * La relativisation de tout les petits soucis quotidien. Nous sommes des invites dans ce pays ...
    * La confrontation de nos connaissances a nos collegues d'autreS horizonS.
    * ....

    Je te souhaite une bonne installation a toi et ta famille.
    Fais signe quand tu passes.

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    1. Oups, je ne t'ai même pas cité non plus.
      Pas de pb. On vous fait signe dès que c'est possible. Merci pour ton aide.
      Amicalement.

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  10. On la sentait venir la fin...
    Comme je te l'avais déjà dit sur un autre billet, je suis triste - pas pour toi, parce que ton projet d'expatriation a l'air sacrément sympa et excitant, et que J'ESPERE BIEN qu'on aura la droit à un nouveau blog - mais parce que je suis aussi très attachée à cette médecine que tu décris (même si je me suis installée dans une MSP quand même, avec les protocoles qui vont avec - vie familiale actuelle oblige -) et que je voulais croire que c'était encore possible...

    Merci pour tes billets qui décrivaient ton quotidien mais aussi pour l'analyse très très juste du système de soins... laisse le blog ouvert, c'est d'utilité publique, pour les dames de l'ARS notamment ;-)

    Et puis... je te recontacterais peut être pour aller bosser à l'étranger ;-)

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    1. Bonjour.
      Il y aura nécessairement un retour de balancier. L'avenir est ouvert, peut-être même en France également. C'est une question de temps. Je n'avais plus ni le temps, ni l'envie d'attendre.
      A terme, les médecins disparaîtront totalement ou reprendront leur liberté. On peut imaginer un système à deux vitesse avec une médecine de publique dans des MSP (avec la lourdeur administrative et les difficultés budgétaires que l'on connait) et une médecine purement privée avec des médecins hors de toute convention (comme en Espagne ou en Angleterre)... à voir
      Quant à nos interlocuteurs de l'ARS, je n'ai pas eu l'impression d'une grande hostilité de leur part, juste une incompréhension totale de ce que peut être un médecin et le sentiment erroné qu'ils peuvent réorganiser le secteur... ...alors que leur action produit, à mon avis, l'effet inverse.

      Bonne continuation.

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  11. Un texte passionnant mais à mon avis tu sous-estimes deux points la clinique et la relation particulière du MG-Patient
    Un blog from ta nouvelle vie nous feras sans doute plus rêver que la médecine de montagne. OK ??
    Bon vent
    Hugues (esculape.com)

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    1. Ben ... non ! Je n'ai pas oublié la clinique ni la relation médecin/patient. Ce n'était juste pas l'objet de ce billet. Et puis la technique bien utilisée n'est pas exclusive de la clinique. Je dirais même plus : la technique vient en complément de la clinique et renforce la relation médecin patient. Quoi de mieux que de montrer au patient la fracture ou le calcul vésiculaire... on entre dans une autre dimension de la relation.
      Enfin, c'est mon avis... et je le partage avec moi même. ;-)
      Bon vent !

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    2. Non : tu partages cet avis avec moi et avec des milliers de médecins généralistes qui ont expérimenté ce fait. Oui, expérimenté ce fait : c'est FACTUEL :
      "L'échographie renforce la relation médecin-malade et appuie notre clinique...C'est EBM"
      L'échographie, et la technique de façon générale, nous permet une médecine à nouveau respectée et revalorisée ( l'aspect financier ne peut être occulté)
      Oui, la médecine par l'image sera, très bientôt (il y a urgence), inscrite dans notre clinique. Et les patients nous remercieront, à nouveau.

      Un souhait, mon cher Genou : accompagne nous, de tes pensées et de tes billets, dans notre combat des années à venir. C'est le combat de ta vie, c'est le tien.. C'est celui des patients.

      J'ai, en effet, la "certitude" que, dans les années qui viennent, les médecins vont massivement s'armer : logique, quand on veut gagner une guerre, n'est-ce pas ?...
      Oui... et ta philosophie de l'efficience libérale, au service de nos chers patients, l'emportera...
      Bien mieux : à bien regarder le fond du trou de Mme Lacaisse : il n'y a pas d'autre solution que la voie de la Médecine Libérale rendue plus efficiente.
      Que l'on me permette d'en être un témoin crédible : j'ose croire que 41 années de médecine fonctionnaire ( Professeur d'Université, Chef de service) suivie de 8 ans de médecine libérale isolée ( j'ai ouvert un cabinet libéral à ma retraite d'hospitalier) m'autorisent un avis.
      Oui, il faut vous armer Messieurs les MG... Vous êtes en guerre et il n'y a qu'une solution, quand on est en guerre, pour ne pas laisser notre territoire à l'ennemi ni "partir" face à l'adversaire armé : il faut s'emparer de ses armes et les utiliser mieux que lui.
      Et, naturellement, ne pas lâcher un pouce de terrain : ce qui relève de notre activité de MG (armé) doit être traité par le MG et la médecine libérale. Et non par les Urgences ni l'Hôpital.

      Juste une question claire : pourquoi, mon cher Genou des Alpages, ne t'es-tu pas installé, puisque tu es armé, en médecine "banale" ? (je veux dire : médecine de ville ou de campagne et non de montagne, par trop saisonnière).
      Car il reste vrai que, lorsque j'améliore ma prestation, appuyée par la technique dont l'échographie, j'améliore mes honoraires (je suis honoré davantage, respecté davantage). Ce qui est une loi universelle et la Nomenclature respecte cette règle universelle. Encore heureux...)

      Sur un air Marseillais connu : "Aux Armes, Médecins... Formez, vos bataillons..."
      Oui, il n'y a pas d'alternative : les MG et la Médecine libérale sont le seul avenir des patients.

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  12. Je partages les mêmes états d'ame que vous, et j'attends la retraite en comptant les trimestres (encore 18) Si c'était à refaire ce serait NON et reNON

    25 ans disponible en campagne 24/24 1 dimanche/mois de garde m'ont usé n'ont fait qu'aggraver un sentiment d'injustice, c'est à dire la non reconnaissance et l'ingratitude à tous les niveaux et particulierement les politiques et les médias (pour le patient déranger le médecin à n'importe quelle heure c'est "normal") et cerise sur le gâteau, dans mon bled une confraternité de M....

    Et que l'on arrête de nous culpabiliser en nous disant que nous avons de la chance d'avoir un travail bien rémunéré, le problème est avant tout le respect que l'on doit à tout soignant car quoiqu'on dise, il ne fait pas un travail comme les autres, il gamberge, il a la hantise de l'erreur de diagnostic au conséquences dramatiques, et il s'est beaucoup levé la nuit et les jours fériés sans repos "compensateur"
    il affronte la souffrance et la mort qui ne le laisse pas indifferent, et pour toute une génération la rémunération ne compensera jamais tous les sacrifices familiaux et personnels que cela a entrainé

    J'ai l'habitude de dire à mes enfants
    " je suis médecin, vous savez celui qui se fait du fric sur le malheur des autres"


    En fait les français veulent une médecine gratuite avec tous les examens de pointes,on est bien tombé dans le consumérisme appliqué à la santé .

    La médecine à l'ancienne c'est fini la société à changé, il n'y a rien a regretter,et les jeunes qui s'installent l'on compris et misent avant tout sur la qualité de
    vie .


    On a les médecins et les hommes politiques que l'on mérite.

    Signé :Un médecin certainement un peu "cramé" (burnaouté)

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    1. Je complète le texte que j'ai fait au collègue précédent et qui peut s'appliquer ici.
      Oui, la médecine d'hier est finie.
      La médecine d'hier doit être efficiente.
      Et pour ce faire elle doit être technque. Et l'échographie nous permet cette médecine performante :

      Oui, la maman remercie le MG de lui AFFIRMER que son bébé est vivant et qu'elle n'a nul besoin d'aller se présenter aux Urgences : elle a entendu, comble de bonheur, le coeur de son bébé.

      Oui, la dame remercie de lui AFFIRMER que sa thyroïde est normale et qu'elle n'a nul besoin d'aller consulter le spécialiste

      Oui, le Monsieur remercie quand le MG lui AFFIRME qu'il n'a pas de tumeur du testicule
      Oui, la maman remercie de lui AFFIRMER :"Oh non... ce n'est rien qu'un kyste de l'ovaire qui saigne...Oui, ça fait très, très mal. Et c'est très, très bénin ; ca va passer comme c'est venu..."

      Oui, le ou la patiente, qui a mal au mollet, remercie quand le MG lui AFFIRME :"Non, vous ne risquez pas le caillot au coeur ; c'est sûr et certain ; dormez sur vos deux oreilles ; je vous revoie dans 3 jours pour faire le point. Et si vous venez pas, (sur un ton pseudo-menaçant) je vous téléphonerais" ; elle, elle adore et réponds : Oh, oui, je viendrais, vous pouvez en être sûr. Oh merci Docteur. Je suis tellement contente)

      Oui, le monsieur remercie, malgré sa colique néphrétique, lorsque le MG lui AFFIRME : "En tous cas, votre rein n'est pas menacé"

      Et lorsque la pathologie est là, le patient la voit sur l'écran et remercie (quand même) lorsque le MG lui AFFIRME :
      "Oh oui, c'est bel et bien une appendicite, c'est absolument certain ; regardez...là : le doigt, c'est l'appendice bouché ; on va vous opérer ce soir ou demain. Je téléphone de suite et vous y allez de suite"

      "Oui, il y a un caillot derrière votre genou. Je vous fais la piqure de suite pour que vous ne risquiez pas que le caillot monte au coeur"

      "Aïe : je vous envoie en chirurgie cardio-vasculaire, votre coeur est entouré de liquide qui explique que vous êtes si mal. Je leur téléphone et je dis à une ambulance de venir vous chercher"

      " Bof... c'est rien... juste des petits cailloux dans la vésicule... Tout s'explique...Regardez les... C'est rien"
      "Aïe... vous recommencez un pneumothorax..; Oui, c'est CERTAIN. Regardez l'air dans la plèvre qui bouge pas)
      ou bien : "Ben non... vous ne recommencez pas un 2è pneumothorax : regardez le poumon qui bouge. Je suis content"

      "Oh oui, vous avez une grosse inflammation de l'épaule ; une bursite qu'ils disent les médecins. regardez la sur l'écran. Elle est grosse, hein...? Bon, ce n'est rien. C'est normal que vous ayez très mal. Je vais faire une petite piqure dans cette poche et vous allez pouvoir enfin dormir..."

      Je sais bien, en tant que formateur des MG en échographie du MG, depuis 1968, que cela hérisse un clinicien : la clinique d'abord, dit-il. Il a raison. La clinique d'abord.
      Et cette clinique s'enrichit de toutes les informations utiles : biologiques, échographiques...

      Et voilà tout...

      Et cette médecine, efficace, communiquante, revalorisante, gratifiante..n'est pas qu'un outil efficace diaghnostique mais aussi un outil tr§ès efficace anti... burn-out.
      Si,, si :
      J'ai pris ma retraite ( de Professeur, Chef de service d'écho) il y a 8 ans et le suis "précipité" pour ouvrir un cabinet libéral du genre MG armé (un peu MEP sur les bords, c'est vrai). Et je ne le fermerais, "la mort" dans l'âme, que lorsque mon destin ne me laissera aucun autre choix : la détestable et inéluctable sortie.

      La Médecine générale armée d'un échographe : un plaisir à chaque consultation, ou presque, renouvelé...

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    2. Un billet intéressant qui dit bien que quelle que soit les cordes rajoutées à son arc (écho, ECG, hypnose...) le médecin généraliste est l'interprète qui dit en langage intelligible ce dont le patient a besoin pour que ses heurs et malheurs prennent du sens et reste vivable son quotidien. Je n'ai pas de moyens techniques parce que je n'ai pas pu ou voulu en acquérir la maitrise ; j’ai l’impression que ce travail d'interprète prend une part grandissante du fait qu’elle se raréfie parallèlement chez les confrères spécialistes à qui j'ai délégué l'acte technique. Est-ce un bien ou un mal… c’est un fait ; qui me conforte dans l’idée que l’accroissement des tâches non médicales mordent sur ce pré-carré, déshumanisent ma profession et la vident de son sens. A vous lire et quelques soient vos divergences, j’ai bien la certitude que nous faisons le même métier. Merci à notre confère montagnard et bientôt sous d’autres cieux d’avoir permis à cette diversité de s’exprimer ; j’espère que tu auras le temps de nous faire partager ta nouvelle expérience. Bon vent et amitiés confraternelles.

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  13. Cher Genou je te laisserai peut être bientôt un comm plus conséquent. j
    'ai découvert ton nouveau message par doc arnica ce matin au réveil et je n'ai pu le lire que cet après midi.
    bien que je sois un spécialiste nanti (comme la presse, la ministre, mes patients ma famille le clament tous les jours) qui ne fait même pas de gardes qui n'opère même pas, je comprends ce que tu as vécu et ce que vivent les gens qui ont commenté avant moi(et particulièrement l'anonyme juste avant moi) . Je suis proche du burn out malgré une vie professionnelle bien plus simple et agréable que toi et j'ai la chance de pouvoir regrouper les RDV sur moins de jours et de n'accepter que les vraies urgences médicales sur mes plages de loisirs.
    J'attends la retraite ce truc qui me fait frémir et peut être même que je déplaquerai avant
    le TPG et l'accessibilité obligatoire (et juteuse) de nos cabinets sont des casus belli et nos honoraires deviennent insultants.
    alors je vais te regretter, je voyagerai à travers tes voyages, je viendrai de temps en temps piocher ici de quoi me remonter le moral
    je m'en veux de mon absence de courage de mon attachement maladif à mes patients qui m'enchaine ici à Bled La Forêt et à ce pays qui n'est même pas vraiment le mien
    Je reviendrai commenter quand j'aurai plus la pêche
    merci à toi pour tout ce que tu nous as donné c'est cette médecine que tu exerces que j'ai aimée
    "je vois un heureux voyage , je vois un heureux retour"(Kundun )

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  14. Trés bonne analyse, tristesse aussi

    On aurait eu des mandarins universitaires qui se seraient battus pour la MG, la disciplines aurait peut être été revalorisée aux yeux de tous et en particulier du politique, mais depuis toujours on entend dans les hopitaux et sur les plateaux télé " Ah ce pauvre MG qui n'y connait rien" ( et pourtant c'est la même faculté qui l'a (mal)formé) Dans ce pays aucune élite n'a réalisé la valeur ajoutée de la MG sauf peut être, et depuis peu, les maires qui commencent à faire remonter le mécontentement du petit peuple des campagnes et des banlieues

    ,J'estime pour ma part qu'il est maintenant surformé pour ce qui l'attend.

    Je conseille aux jeunes de réclamer le salariat et tout ce qui va avec, ça coutera plus cher à la société, mais la médecine sera sous controle.

    L'indépendance de la médecine : quelle folie!

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    1. Bonsoir
      Je me rappelle avoir lu dans un forum, une réflexion d'un interne de MG qui disait : "On nous apprends à piloter une formule 1 et après, on nous demande de faire le 4L trophy dans les déserts..." Bien trouvé. Il y a du vrai à mon avis. La MG, avec toute sa spécificité (proximité du malade, prise en charge globale, prise en compte du terrain et des particularités culturelles...) ne peut que gagner à accéder aux outils modernes. Donc, oui et non.
      Le jeune médecin est peut-être "surformé" par rapport à la médecine que la société veut bien lui laisser.
      Il est bien formé pour une MG plus moderne et tout aussi passionnante et dont la place dans le système de soin serait beaucoup plus importante. L'attractivité du métier n'en pâtirait pas. La population y gagnerait et même en revalorisant largement le tarif des actes, ou mieux, en libérant les prix, les coûts de santé seraient largement inférieurs et le service aussi bon, voire meilleur...
      Alors, salariat ? pourquoi pas, mais surement pas salariés d'administrations archaïques et sclérosantes, incapables par essence de comprendre les enjeux.

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  15. J'espère que ce point ne sera pas final et que vous posterez de nouvelles expériences.
    Soyez heureux dans vos nouveaux choix!
    Merlinonette

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  16. Bonsoir,
    Je t'envie. Je t'envie car tu as décidé de partir et avec ta famille. Je n'envie car tu prends des risques et tu as bien raison.
    Bonne chance.
    Ta pratique de la médecine n'était pas la mienne. Et c'est tout l'intérêt de la médecine générale que de pouvoir disposer de médecins généralistes divers non formatés.
    Je ne suis pas du tout aussi optimiste que toi sur la qualité de la médecine hospitalière. Je vois de bons techniciens mais je vois de moins en moins de médecins. Les collègues qui stentent à tour de bras (habiles) ou les chirurgiens cardiaques par exemple, sont de valeureux techniciens que l'on va, sous le regard enthousiaste de Guy Vallancien, pouvoir remplacer par des robots. Mais sont-ce encore des médecins ? Je ne dis pas cela par provocation mais, par provocation, je dis qu'à l'hôpital comme en médecine générale on fait de moins en moins de médecine.
    Je suis trop vieux pour apprendre l'échographie, j'ai oublié comment on posait des sous-clavières ou faire des sous-occipitales, je ne crois pas que faire de la spirométrie au cabinet ait un quelconque intérêt. Parce que j'exerce en ville ? Je lisais hier des tweets de Borée disant qu'en ville il était étonné que l'on soit près de tout.
    Je suis un médecin généraliste à l'ancienne qui n'a jamais appris la médecine générale à l'hôpital mais qui connaissait (un peu) la médecine. Etre un bon médecin est possible même sans échographie. Je crois, grâce à prescrire (dont je ne suis pas un défenseur impénitent), grâce à des MG de confiance, grâce à des spécialistes qui connaissaient et leur spécialité et la médecine et qui étaient curieux de tout, même de la médecine générale, que je suis un meilleur médecin (étais-je d'ailleurs médecin) qu'en 1979 lors de mon installation. Mais pas grâce à l'échographe.
    Je n'attends pas la retraite avec impatience.
    Je fais de la médecine, je ne sauve pas beaucoup de vies mais j'essaie d'améliorer la qualité de vie de patients qui souffrent non en leur prescrivant des anti douleurs, un robot peut le faire (EVA et algorithme décisionnel), mais en leur épargnant les épreuves de la médecine technicienne, en tentant de leur apprendre l'autonomie, en tentant de les sortir du tout médecine, en essayant de les convaincre que la médicalisation de leur existence ne peut qu'altérer leurs valeurs...
    Le consumerisme, le droit à la santé, le droit au bonheur, ce sont les objectifs hypocrites des politiques et des administratifs.
    Je n'attends rien d'eux : je ne peux donc pas être déçu.
    Contrairement à toi, je gagne bien ma vie au prix d'efforts, de journées de travail plus longues que des cadres supérieurs, mais je n'envie personne car je n'aurais pas pu faire autre chose.
    Nous sommes à une époque charnière où tout se déconstruit.
    Construis donc.
    Je n'en ai pas eu le courage.
    Mais je suis très pessimiste. Quand il n'y aura plus que des administratifs des ARS pour faire la médecine, il n'y aura plus de médecine.
    Bonne soirée.

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  17. Je n'arrive pas à me décider entre être triste de te voir "abandonner", et être ravie de te voir "avancer".
    Bon vent, oui, mais une douce brise, non : des alizées, tiens... Ou un vent frais, vent du matin, vent qui souffle au sommet des grands pins. Un vent qui soufflera quand tu partiras, et quand ils souffleront, nous nous en allerons. Avec le vent de l'est, écoutez le chanter...

    "Partir, là où l'envie nous mène
    Partir, là où le devoir m'appelle
    Quand la vie n'est plus qu'une âme en peine,
    Oh, rien ici, rien là-bas n'est éternel non
    Partir, loin de tous ces drames, ces peines
    Pour vivre une histoire originale"

    Bon voyage GenouDesAlpages, un VRAI voyage avec un trajet, des épopées, un objectif initial, et un but final.
    Bises, qui iront naturellement jusqu'où elles doivent aller...

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  18. voilà ma réponse un peu plus complète j'y apporterai peut être quelques modifs http://lerhinocerosregardelalune.blogspot.fr/2014/06/la-semaine-ete-dense-meme-si-je-netais.html
    merci encore à toi

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  19. Bon voyage... Essaie de continuer tes billets, ils font partie de mes préférés :)

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  20. Tous nos voeux de réussite pour cette nouvelle vie !
    NB : Nous nous joignons aux autres intervenants pour vous demander de ne pas fermer ce blog.

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  21. Bravo pour avoir pris une décision aussi lourde de conséquences... mais bientôt une nouvelle vie passionnante.
    vous me direz anonymement où vous avez atterri? Je suis très curieuse

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  22. Comment dit on déjà ? Ah oui... "La médecine générale est morte ! Vive la médecine générale !"
    Et tout cela dans le mépris ou l'indifférence totale...
    Grande et belle décision de votre part du coup. Bons vents en famille à vous et donnes des nouvelles (ils doivent avoir internet où vous allez)

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  23. Bien sur, on se doutait de ta lassitude de cette pratique de montagne, que tu n'as pas réussi à la faire cadrer avec tes rêves de la médecine.
    D'un autre côté, la vie professionnelle n'est plus un long fleuve tranquille, on ne reste plus dans même un cabinet de l'installation à la retraite comme dans l'ancien temps. Les changements de cap seront la règle, de plus en plus, et c'est d'ailleurs une chance que les médecins n'aient aucune crainte de manquer de travail, ce qui autorise les changements.
    Je vois donc en ce qui te concerne une démarche positive, la capacité de se remettre en question, et de chercher à concilier près tes rêves de pratique et ta réalité.
    Mais, une chose me soucie grave. Pourquoi faut-il qu'un médecin en milieu de carrière se voit obligé de partir pour aller au devant de son envie d'exercer autrement? . Comment expliquer que les médecins ne se sentent pas bien dans la pratique médicale en France ? même si bien sur tous n'ont pas le courage de partir et de s'expatrier comme toi.
    Tu te doutes bien sur, qu'ayant apprécié ton blog, nous aurons tous envie d'avoir de tes nouvelles. Et de savoir comment tu cultives les champs de la médecine orientale (c'est bien vers l'est que tu files, si j'ai lu entre les lignes!)
    Mrn Lgn

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  24. Bonjour
    Je vous souhaite un très bon " nouveau départ " où que vous alliez.
    Sachez que certains continueront à se battre, que votre coup de gueule ne restera pas vain. Femme de MG en zone rurale je n'ai de cesse d'encourager mon époux à continuer à agir selon ses convictions et ses valeurs. Nous avons commencé par donner un coup de pied au P4P, CAPI déguisé, par mettre dehors les visiteurs médicaux, véritables pollueurs de l'esprit, nous avons rappelé aux décideurs qui officient dans les mairies qu'avant d'ouvrir à tour de bras des maisons de santé avec de l'argent public il fallait s’inquiéter de savoir si les principaux intéressés étaient de la partie et qu'il n'était pas forcément besoin d'avoir tout le monde sous le même toit pour essayer de faire de la médecine de qualité si ce n'est pour permettre à certains de s'octroyer plus de jours de repos.( bon là je suis méchante mais réaliste :-))) )
    Nous avons misé sur l'éducation encore et toujours des patients qui désormais savent qu'un nez qui coule n'est pas un motif pour se ruer chez un médecin, nous tenons tête à ceux qui viennent avec leur liste de courses voire qui partent en claquant la porte, mécontents que le traitement à leur mal reste des conseils, s'auto-excluant de notre patientèle. Nous tenons tête à ceux qui facilement vont suggérer l'erreur médicale au Conseil de l'Ordre sur les conseils de la voisine ou qui s'adonnent à opposer les MG entre eux et n'hésitons pas à rendre la pareille pour ceux qui franchissent les limites.
    Nous avons affiché un règlement, forcément visible pendant l'attente, ou est stipulé que le chef d'orchestre c'est le MG et que tout patient qui viendra mendier un courrier pour régulariser sa consultation spé qu'il aura choisi de faire avant avis du MG sera débouté.
    De même que le MG reste un spécialiste en ... MG et de ce fait n'a à souffrir d'aucune infériorité vis à vis de ses autres confrères. Son rôle pourra aussi se cantonner à ne pas être d'accord (avec arguments bien entendu) avec la prescription d'un de ses confrères spécialistes justement et pour laquelle il se refusera éventuellement de prendre la responsabilité de tout renouvellement ultérieur.
    Pour les patients qui n'assument pas leur rôle de parent auprès de la cantine ou de l'école et qui demandent cet acte solennel qu'est la rédaction du certificat médical par téléphone sans avoir l'intention de se déplacer comme ils commanderaient une pizza ce sera aussi une réponse par la négative. Pas de certif pour l'homme invisible.
    Nous n'avons de cesse de rappeler aux patients qu'au même titre qu'ils ne disent pas à leur électricien quel fil utiliser ou à leur boulanger quel type de farine il doit choisir, ils devront laisser au médecin la choix de la molécule.
    Aujourd'hui, il est amusant de voir que finalement de plus en plus de monde afflue et pour de " vrais problèmes ",que les 80% de C quotidiennes pour motif de " rhinite " sont passés sous la barre des 10%, que les patients gèrent parfaitement tous leurs petits bobos parce qu'on leur aura expliqué, que la tendance au comportement irrespectueux s'estompe.
    Le patient finalement a t'il besoin qu'on lui tienne tête pour nous accorder sa confiance? Il semble que oui ...
    La communication, l'éducation, les explications (indépendantes ! ) sont le moteur de notre cabinet. Pour le reste on fait ce qu'on peut...avec les moyens qu'on a ( ECG, sutures )
    Il faut vous battre les MG, c'est à vous d'expliquer votre rôle à vos patients et à ne pas les laisser croire que vous êtes la secrétaire de vos confères spé .... eux-mêmes qui seraient bien incapables de faire votre travail :-)
    Bon vent en tout cas pour le courageux auteur de ce sympathique blog. Nous aurons une pensée pour vous de notre cambrousse !

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  25. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  26. Bonjour. Si la décision a été prise avec sérénité, alors bravo, bon vent, je te souhaite le meilleur, et si tu mets la même énergie dans ton activité future assurément tu réussiras.

    tu écris : .../..." Je continue de croire, peut-être tout seul dans mon coin, ou presque, qu'on ne fait pas 8 ou 9 ans d'études pour juste renouveler une ordonnance d'antihypertenseurs ou d'antidiabétiques, pour se limiter à simplement examiner des nez qui coulent et des gorges qui grattent.
    Même si à l'évidence, cette surveillance des patients atteints de pathologies chroniques et cette bobologie courante constituent une partie extrêmement importante de la pratique de la médecine générale, l'exercice au 21ème siècle doit, à mon avis inclure la possibilité de faire immédiatement une radio, une échographie de débrouillage, un examen de laboratoire, un ECG, une spirométrie... etc. Faire du diagnostic,quoi. De la médecine de haut vol".../... fin de citation.

    Je pense que l'écoute, l 'examen clinique sont de formidables outils qui permettent d'accompagner, orienter, aider, rassurer, surveiller, prévenir, et nous médecins, nous sommes riches de ce "pouvoir", de donner, et cela peut etre suffisant pour accompagner nos Hypertendus, nos diabétiques ou nos rhinites car j'ai la naïveté de penser que nous apportons bien plus que cette description superficielle que tu as faite.
    il faut juste croire en ce qu on fait.

    Ceci étant dit ce que tu décris des contraintes administratives et financières qui te poussent à multiplier les actes au risque de perdre en qualité est en effet inacceptable, et le dénoncer tel que tu le fais est important,

    bon vent, bon courage

    f dussauze

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  27. Bon vent! et j'espère de nouvelles notes de blog pleine d'optimisme depuis ton pays lointain.

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  28. Bonne chance .. Je viens de découvrir le blog -(( je comprends tout a fait l envie de changer de pays a un moment ou la medecine est de plus en plus dévalorisée , les médecins de moins en moins considères et cela ne va pas s améliorer avec cette idée saugrenue du tiers payant généralise .." j y ai droit et c est gratuit .."
    Bon courage

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  29. Voilà beaucoup d'amertume qui me réveille mon pyrosis chronique. Voilà exactement 10 ans que je me suis dit "je n'ai qu'une vie; ma passion m'ayant conduit malgré la réussite au concours de l'internat à revenir vers la maîtrise supposée de ma routine quotidienne en étant réellement omnipraticien - sans être omnipotent, du calme...-, en semi-rural tout en gardant une activité hospitalière d'urgentiste, engagé "à fond" comme médecin sapeur pompier volontaire, convaincu d'être utile tout en alimentant ma névrose de dépendance à l'adrénaline, mon garçon, tu fatigues et ta famille aussi à finir par ressembler à un Don Quichotte de la médecine à tarif opposable."
    L'appel d'air que crée une activité tous azimuths aspire les patients "encyclopédies médicales" dont plus personne ne veut, CHU inclus, absolument passionnante mais chronophage mais financièrement délabrée et déconsidérée. Il en devient même suspect de pratiquer autant d'actes techniques et passer autant de temps à sa profession, à son serment. On en devient le dernier recours des patients ci-dessus évoqués, à crouler sous les demandes de visites et de rendez-vous, pour un tarif identique à celui de la pratique d'abattage.
    Si on ne fait pas tout celà pour l'argent, l'absence de récompense (la contrepartie), si ce n'est parfois quelques signes de reconnaissance verbale, finit par décourager les plus dynamiques.
    Mon seul signe de reconnaissance aura été celui (si si !!) du médecin contrôleur de la CPAM, ancien urgentiste lui aussi, qui se sera appliqué à me proposer toujours les meilleures solutions médico-administratives et les aides inattendues (inconnues) pour mes patients dans la difficulté.
    Progressivement toujours plus impliqué dans le domaine, j'ai fini par 'choisir" (diplômes, capacités, spécialités, concours national, etc...) le métier de médecin de sapeurs pompiers professionnel: fonctionnaire territorial, pouvoir d'achat divisé par deux, faible reconnaissance de la structure et de la société pour son Service de Santé et de Secours Médical (SSSM), lourdeur et formalisme inimaginables de l'administration pour un ex-libéral, mais un milieu de professionnels de santé désintéressés investis, à 97% sous statut de volontaires, mais convaincus et engagés sous le même uniforme (et pourtant, pour la plupart, ce n'est pas l'uniforme qui fait rêver...), et le sentiment d'avancer chaque fois que l'on organise quelque chose de nouveau sur son département.
    Donc, encore une nouvelle vie.
    Une manière de croire qu'on peut avoir plusieurs vies. Comme les chats...
    Alors cher Genou, l'ancien voileux ne te souhaite pas bon vent, mais de te créer toi-même ton vent d'allure, et de rêver à l'immortalité d'une nouvelle vie, loin de nos demoiselles Lelongbec à la Fernand Raynaud, quelque soient le nombre des kilomètres d'écart.
    Je ne citerai que Jacques Higelin: "Pars, et ne te retourne pas..."
    Amitiés. Dr Dominique Alberti

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  30. Bonjour,
    Après 20 ans d'exercice libéral en France, frustré, bafoué, deshonoré, rabaissé, par les instances tout particulièrement (sécu ++, urssaf, ars, etc..) et parfois certains patients, j'ai mis la clé sous le paillasson depuis un an et parti bien loin, bien au chaud.
    Aujourd'hui je travaille au moins autant, comme salarié, mais avec une vraie indépendance, une vraie responsabilité et des revenus supérieurs. Je ne regrette absolument pas d'être parti. Le bilan à un an est simplement INCOMPARABLE.
    Bien evidemment tout n'est pas rose : il y a toujours d'autres problèmes. Mais çà fait tellement du bien de ne plus avoir ceux-là que tu cites et qui nous rongent comme un cancer.
    Alors va !

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  31. Je découvre ton blog tardivement, intéressée car moi aussi je dévisse ma plaque ces jours-ci, pourtant j'aime mon métier (j'ai été généraliste installée en semi-rural pendant 18 ans) mais à 47 ans j'ai envie d'autre chose. Comme dans ton billet "trop plein", je ne veux plus, en plein hiver, rentrer chez moi à 21h30 le vendredi soir, après avoir fait certes beaucoup de médecine , mais avoir également rangé le courrier, réglé les problèmes informatiques, voire passé la serpillière car la femme de ménage vient 5 jours sur 7 mais pas le week-end ! Cela m'a frappé même si c'est un détail : après une journée harassante physiquement, émotionnellement devoir encore faire cela, c'est la goutte d'eau ! ll faudrait trier les patients en fonction de l'urgence et pouvoir refuser mais ce n'est pas toujours possible, il faudrait pouvoir embaucher une secrétaire (je n'avais qu'un secrétariat téléphonique...) il faudrait peut-être travailler en équipe avec des paramédicaux...Notre mode d'exercice actuel est épuisant et peu rentable, il faut le dire. Je ne veux pas devenir un de ces vieux médecins aigris, désabusés, ne supportant plus les gens. Je veux aller voir ailleurs comment cela se passe.
    Bon vent genou des alpages, courage (car il faut beaucoup de courage pour repartir à zéro !)
    Amitiés

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  32. Alors, vous me mettez un nom de pays sur mon blog, juste ça :) Ca pourra me donner des idées..

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  33. Je vous comprend largement, je vous félicite déjà pour votre dévouement aux genre humains et au métier très difficile que vous exercez! bravo à vous!

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